Témoignages

« Merci à tous ceux qui m’ont soutenu »

Contaminé par le covid-19, Robert Bianchin, 61 ans, président de la Fnath de la Loire/Haute-Loire témoigne pour la reconnaissance des professionnels et bénévoles touchés.

Robert Bianchin
« C’est comme cela que tout a commencé », se souvient Robert Bianchin, président du groupement de la Fnath de la Loire et de la Haute-Loire, mais également président de la section de Saint Etienne et membre du conseil d’administration bénévole de la Fédération. « A la suite de multiples réunions et déplacements », une toux persistante s’installe. Robert perd le sens du goût. « Et la fièvre ne tombait pas.» Il appelle SOS Médecin qui le redirige immédiatement vers l’hôpital, en ambulance. Sans passer par la maison. Robert n’a sur lui, que ses papiers, son téléphone et sa carte Vitale. « Vous êtes en train de vous étouffer », l’ont pressé les soignants.

Fnath
« On m’a mis sous oxygène. Heureusement, je n’ai pas été intubé. » Le 24 mars 2020, il est dépisté positif au covid-19. « C’était à la guerre comme à la guerre. » Robert n’a pu se faire porter aucun objet personnel.
« Pourtant j’aurais préféré avoir des livres plutôt que subir la pandémie en boucle à la télévision. » Il est à l’isolement complet. « L’équipe portait des tabliers, des masques et des gants jetables. Je ne reconnaissais personne. Mais j’ai bénéficié d’une grande attention. Le membre de ma famille que j’avais désigné était informé tous les jours. Je remercie vraiment l’interne, les infirmières et tout le personnel du CHU Nord de Saint-Etienne, où il se trouve que suis aussi représentant des usagers ».

« Merci à tous ceux qui m’ont soutenu »
En tant qu’usager, Robert Bianchin sait de quoi il parle. Ouvrier paysagiste, il a été victime d’un grave accident de trajet. « Je n’avais même pas 18 ans. J’étais cassé de partout et je suis tombé sur des experts franchement pas humains ». Mais il se bat. Jusqu’en cassation. Contre la « Sécu ». Et il finit par gagner.
« Tout cela m’a donné le goût de la bataille juridique. » Robert remonte la pente. Il passe une licence puisun master en droit social et de l’entreprise. Il obtient un diplôme universitaire de français juridique et de droit du travail. « J’ai connu la Fnath par un ami qui est mort. J’ai adhéré par solidarité. J’ai l’âme des combats, pour une justice sociale, pour les grandes causes. J’ai été victime d’un accident et j’ai dû me battre comme un lion pour une simple reconnaissance, y compris pour ma réinsertion professionnelle. » Désormais, il dirige un groupement, en tant que bénévole.

Victimes
Finalement, Robert sort de l’hôpital le 8 avril avec 5 kilos en moins. Il a dû s’isoler à la maison. Mais ses poumons ne sont pas totalement guéris. Il a récupéré le goût, cependant il est encore fatigué et son souffle n’est pas revenu à la normale. Il pense à tous ces professionnels qui ont été contaminés et, en particulier, aux bénévoles d’association, comme lui, qui sont tombés malades dans l’exercice de leur fonction. « Toutes les victimes professionnelles et bénévoles devraient être reconnues. On travaille pour le bien commun, on sert la France. J’espère que cette reconnaissance va arriver. La Fnath revendique fortement la création d’un fonds d’indemnisation ».

Pierre Luton

In memoriam
Médecins, infirmières, aides-soignants, mais aussi professionnels et bénévoles... Ils ont été contaminés en travaillant. En étant exposés au front de la lutte contre le covid-19. Certains déplorent toujours des séquelles et s’inquiètent pour leur avenir. À ce jour, le gouvernement français a promis une reconnaissance automatique pour les soignants. Les autres sont exclus de cette reconnaissance automatique.

Professionnels et bénévoles touchés
Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), citée par notre confrère Le Monde (abonnés), en avril, une personne infectée sur treize par le sarscov-2 (nom savant du coronavirus) fait partie des professions de santé. Nombre en sont morts, parmi les soignants, mais aussi parmi d’autres professions ou les bénévoles… Le fil twitter de Matthieu Lépine (@DuAccident), cet enseignant qui recense les accidents du travail, décomptait (à l’heure où A part entière boucle) environ 30 soignants décédés du coronavirus, ainsi que deux personnes à la direction d’établissements de santé, 6 agents ou employés de services hospitaliers, 4 salariés de la grande distribution, 3 des transports en commun, 3 dans l’industrie, le fret ou la manutention.

Reconnaissance
Dans son point épidémiologique du 29 mai, Santé publique France indique que, parmi les soignants contaminés en France, 28 % sont des infirmiers, 24 % des aides-soignants, 10 % des médecins. Au total, près de 7 000 soignants, au sens large, ont été contaminés entre le 13 avril et le 24 mai 2020 sur plus de 160 000 cas recensés au total en France à ce jour. Le bilan des morts du coronavirus en France a désormais dépassé les 30 000.

P.L.
© D.R.

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