Idées

BULLDOZER

C’est le premier mot qui vient à l’esprit en pensant aux réformes en cours lancées par le Gouvernement. En effet, il faut aller vite, au détriment d’une véritable concertation. La méthode est répétée à l’envie, et assumée.
Le dossier qui l’illustre le mieux est certainement la réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Alors qu’elle était à peine envisagée en début d’année, elle a été bouclée en un mois, entre le lancement officiel de la concertation et la transmission du projet de loi au conseil des ministres. Certes, tout a été écrit sur le sujet et il n’y avait donc pas besoin de longs mois de discussion. Mais entre vitesse et précipitation, il n’y a qu’un pas. Et il a été allégrement franchi ! Sans compter que la première semaine a été perdue, puisque les associations, dans un premier temps, n’étaient pas officiellement partie prenante, au même titre que les autres acteurs, de cette concertation.
Effets pervers
Qui peut croire qu’en si peu de temps, l’ensemble des impacts et éventuels effets pervers de chaque mesure ont pu véritablement être anticipés. Ce ne serait pas grave…s’il ne s’agissait pas de trouver une solution pour l’ensemble des travailleurs handicapés, et, en particulier, pour les 500 000 qui sont au chômage.
Tout n’est heureusement pas mauvais dans cette réforme, qui reprend même sur certains points des revendications portées par notre association, déjà lors des débats autour de la loi de 2005. Mais, certaines mesures techniques, au contraire, pourraient avoir pour conséquence de ne pas inciter les entreprises à maintenir les salariés handicapés dans leur entreprise, en particulier les plus de 50 ans, dont on sait qu’ils sont trop rapidement licenciés pour inaptitude.
Simplification à outrance
Derrière toutes les réformes, se cache un seul objectif : la simplification des normes ou des procédures pour les différents acteurs. Malheureusement, nous sommes bien placés à la FNATH pour savoir que, souvent, derrière des mesures apparentes de simplification se cachent en fait des régressions de droit. Dernière exemple en vue : la loi logement, dont le nom officiel ELAN ((Evolution du logement et Aménagement numérique) laisserait penser que l’on va de l’avant mais dont le contenu constitue au contraire, sous prétexte de la simplification des normes, un retour en arrière. En effet, ce ne sont que 10 % des logements neufs qui devront être accessibles aux personnes handicapées. Le reste devra seulement pouvoir être évolutif. Le problème, c’est que l’on ne sait pas ce que cela exactement veut dire et comporte comme obligation.
Vous le voyez, les sujets ne manquent pas pour que notre association se mobilise. Et nous serons présents !

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