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Cancers professionnels : en augmentation et sous-déclarés

Mise en ligne 16/04/2019 Actualités Vos droits Emploi Santé et travail

La branche (AT/MP) de la Cnam a reconnu, lors d'une conférence de presse, jeudi 11 avril 2019, que les cancers professionnels avaient triplé en 20 ans. En outre, un sur cinq n'est pas reconnu !

Le nombre de cas a triplé
Entre 2013 et 2017, la branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de l’Assurance maladie annonce avoir reconnu en moyenne 1 840 cancers professionnels par an, pour 80 % d’entre eux dus à l’amiante. Mais elle admet que le nombre des cancers professionnels a plus que triplé en 20 ans. Ils concernent dans 96 % des cas, des hommes.

Cancers professionnels
Mais ces dernières informations ne donnent une indication que sur les expositions passées, puisque ces cancers professionnels se déclarent souvent des années après l’exposition. Reste à savoir ce que nous réservent les expositions actuelles. Par ailleurs, le nombre de cancers hors amiante augmente de 12,2 % en 2017 par rapport à 2016. Ils représentent désormais 23 % des cancers professionnels en 2017 (17 % en 2013). Ces cancers sont ceux de la vessie, de l’ethmoïde (cancers du nez, liés aux poussières de bois dans la menuiserie par exemple) et des leucémies (dues en particuliers aux solvants, benzène…).

Un sur cinq non reconnu
Marine Jeantet, directrice des risques professionnels (notre photo), a admis que la sous-déclaration restait un sujet récurrent. Sur les 1 milliard d’euros reversés chaque année à la branche maladie pour compenser cette sous-déclaration, la moitié concernerait les cancers professionnels. Et au final, un cinquième des cancers professionnels seraient en réalité reconnus. Ce ne sont pas 1 800 mais environ 10 000 cancers professionnels par an, qu’il faudrait ainsi prendre en charge, soit un rapport de 1 sur 5… « On peut obtenir une meilleure reconnaissance en activant nos politiques publiques… », estime-t-elle confiante. Pour améliorer la reconnaissance, l’Assurance maladie propose une première expérimentation d’accompagnement personnel des assurés fin 2019, qui devrait être généralisée en 2020. Une communication sera faite sur le site Ameli.

Branche AT/MP
En ce qui concerne la prévention, la cible actuelle de la branche AT/MP ce sont environ 2 millions de salariés. Concernant les produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), « on vise les salariés à travers l’enquête Sumer (Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels) dont la dernière date de 2010, précise l'Assurance maladie. On cible aussi les cancérigènes les plus actifs comme le diésel dans les garages ou les poussières de bois dans les menuiseries. Le plus difficile, admet la branche AT/MP, c’est que cela touche aussi de petites structures et de façon ponctuelle… » Apparemment, ce travail a porté ses fruits en ce qui concerne les pressings qui utiliseraient, à 95 % désormais, des méthodes de substitution au perchloéthylène.

Prévention
La branche AT/MP annonce aussi que pour faciliter la prévention elle augmente l’ancienne aide financière simplifiée, une subvention accordée aux petites entreprises de moins de 25 salariés. Elle touche jusqu’à 4 200 entreprises par an pour un montant qui devrait s’élever à 100 millions d’euros fin 2022.

Retour à l'emploi
Enfin, la question du retour à l’emploi préoccupe aussi la Cnam qui rappelle qu’une personne sur cinq, en emploi au moment du diagnostic de sa maladie professionnelle, ne travaille pas 5 ans après celui-ci. L’Inserm parle d’impact négatif du cancer qui se traduit par une situation professionnelle dégradée deux ans après. Selon une étude de l’Irdes, « la probabilité d'être employé(e) au moins un trimestre dans l'année diminue fortement par rapport à l'année précédant l'apparition de la maladie ».

PLuton

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