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Parkinson : nouvelle reconnaissance liée aux pesticides

Le Parkinson provoqué par des pesticides est reconnu en maladie professionnelle mais c’est toujours compliqué de le faire admettre ! Le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) a reconnu, le 11 mars 2019, l’origine professionnelle de la maladie de Parkinson d’un travailleur arboricole. Toute la presse s’en est fait l’écho.

« Type Alzheimer »
Marcel Geslin, décédé en 2018, à l’âge de 74 ans, était représenté par son frère, Michel. « Il ne manipulait pas lui-même les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employés à l’époque il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements », indique-t-il dans le journal Le Monde. Apparus en 2008 après son départ en retraite, ses troubles ont été diagnostiqués « de type Alzheimer » avant d'être requalifiés en « maladie de Parkinson » quelques années plus tard, entraînant l'ouverture d'une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoquée par les pesticides, précise Le Figaro.

Refusée deux fois
« Cette reconnaissance nous a été refusée une première fois en 2017, parce que le certificat initial de son médecin traitant n'avait fait mention que de troubles de mémoire. Alors même que la MSA (Mutualité sociale agricole) disposait de tous les avis des spécialistes », regrette Michel Geslin. Un deuxième refus sera opposé à la famille en 2018 pour des questions de délai d'instruction, complète France Bleue. C'est l'avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne, où le cas de Marcel Geslin a été délocalisé, qui se révélera décisif.

2 % !
Les maladies induites par les produits phytosanitaires ne feraient l’objet d’aucune donnée statistique publique. Les représentants de la Mutualité sociale agricole (MSA) ont reconnu les 15 novembre 2017, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, que l’usage de produits phytosanitaires était responsable de « 2 % » des maladies professionnelles des agriculteurs. « L'incidence de la maladie de Parkinson serait d'autant plus élevée que les activités agricoles sont développées localement. Le risque serait maximal dans les territoires où la viticulture est fortement présente », annonçait l’Inserm en mars 2017. Les agriculteurs connaissent une hausse des maladies professionnelles indiquait déjà A part entière (page 7) dans son dossier en octobre 2016 : "+ 8,3 %, dont 92,9 % de troubles musculo-squelettiques. 10 % des salariés sont exposés à des produits chimiques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. »

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