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La rentrée post covid-19 des syndicats de travailleurs et d'employeurs

Mise en ligne 11/06/2020 Actualités Vos droits Emploi Santé et travail

Les syndicats de travailleurs et d'employeurs se prononcent pour la poursuite du chômage partiel et ne veulent pas entendre parler de la réforme des retraites. La reconnaissance des travailleurs contaminés ne fait malheureusement pas l’unanimité.

Syndicats
Ce sont pas moins de sept leaders syndicaux qui se sont réunis ce matin lors d’une conférence de presse en ligne organisée par l’association des journalistes de l’information sociale (Ajis).  Laurent Berger (CFDT), François Hommeril (CFE-CGC), Cyril Chabanier (CFTC), Philippe Martinez (CGT), Yves Veyrier (FO), Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) et Alain Griset (U2P).

Reconnaissance
Il aura fallu attendre la seconde partie de la conférence de presse pour aborder les questions de santé au travail et de revalorisation des métiers qui ont été en première ligne. Sans oublier la reconnaissance des travailleurs contaminés. Des sujets éclipsés par l’urgence de la crise économique et sociale qui point. Laurent Berger (CFDT) a rappelé que le président de la République s’était engagé sur la reconnaissance des travailleurs contaminés. « Tous les salariés contaminés -de même que les ayants droits en cas de décès- pourront voir leur situation examinée par les commissions régionales de reconnaissance des maladies professionnelles… Mais le décret ne sort toujours pas. Il ne faudra pas lâcher là-dessus ! »

Concernant les soignants contaminés, dont la reconnaissance automatique a également été promise, pas de décret non plus !

Travailleurs contaminés
Pour Cyril Chabanier (CFTC), ce sujet est d’autant plus « insupportable » que cela ne représente pas, selon lui, un nombre immense de victimes, et donc pas, non plus, « un enjeu financier » insurmontable. Mais aucun des participant n’a relevé la proposition de créer un fonds d’indemnisation ni commenté les deux propositions de loi des groupe socialistes de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Santé au travail
Sur la santé au travail, les participants ont rappelé le prochain rendez-vous du 15 juin avec le gouvernement, en se disant qu’il n’était pas nécessaire d’attendre une lettre de cadrage. Ils ne voudraient pas que les Pouvoirs publics les mettent à nouveau devant le fait accompli.

Etat vertical
Sujets d’ailleurs prégnants à leurs yeux que le paritarisme et la verticalité de l’Etat. Les responsables syndicaux ont donné le La de la reprise post confinement. Cette crise du coronavirus a mis en lumière des dysfonctionnements qui pré-existaient, ont souligné la plupart d’entre eux. Tous pointent la gestion verticale de l’Etat qui écoute moins les syndicats, même s’ils reconnaissent l’intervention essentielle de l’Etat durant la crise. Ils plaident néanmoins pour le dialogue social et l’avenir du paritarisme. La plupart citent les inégalités dont pâtissent notamment ceux qu’on a appelés les travailleurs de première et seconde ligne (soignants, livreurs, employés dans l’alimentation…).

Réforme des retraites
Un point les réunit unanimement, même si leur jugement diffère sur l’intérêt de la réforme : il ne serait pas opportun de « ressusciter » la réforme des retraites qui est passée à la trappe. Mais l’exécutif semble en reparler depuis quelques jours…

Chômage partiel
Il en est presque de même sur le chômage partiel mis en place au début de la crise. « L’Etat doit assumer ses responsabilités », estime Laurent Berge (CFDT). « Les travailleurs ont été les victimes de ses choix. Baisser la prise en charge du chômage partiel serait une folie douce », prévient-il. Même le président du Medef indique que des décisions dans ce sens seraient prématurées : « le chômage partiel tel qu’il existe actuellement doit continuer ». Il faut attendre au moins trois mois pour évaluer les conséquences de la crise, a-t-il précisé.

Revalorisations
En outre, tous, à part le Medef, ont demandé à ce que les métiers qui ont été les plus en avant durant la crise, soient revalorisés. « On parle peu des aides à domiciles qui vont être les grands ou, plutôt, les grandes oubliées, y compris du Ségur de la Santé, car elles ne sont pas directement rattachées à l’hôpital », a souligné Philippe Martinez (CGT). « Si on oublie les première et deuxième lignes le climat (social) ne va pas s’arranger », s’est exclamé Chabanier (CFTC).

Rentrée post-covid
Pour finir, les représentants syndicaux ont salué la nécessité de prendre en compte le risque dépendance, mais ne sont pas tous convaincus par l’intérêt d’une 5e branche de la Sécurité sociale que les députés viennent de créer.

>>> Covid-19. Pourquoi la Fnath appelle à la création d’une commission d’indemnisation ?

Pierre Luton
© PLuton2020

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