Idées

Un accompagnement personnalisé

Mise en ligne 18/07/2017 Actualités Santé

Valérie Rivet, responsable du département Solidarité et promotion de la santé (qui comprend la plateforme d’intervention départementale pour l’accès aux soins et à la santé (PFIDASS)) de la CPAM du Val-d’Oise (95) et Cathia Cursente, responsable de la PFIDASS de la CPAM de Haute Garonne (31).

 A quoi sert la PFIDASS ?

Valérie Rivet : La PFIDASS fonctionne sur deux axes. D’abord nous détectons les assurés qui renoncent aux soins. Ils ne peuvent nous contacter directement, nous passons donc par des « détecteurs » : nos conseillers ou des partenaires comme la Caf, Pôle emploi ou certaines associations qui nous les adressent, avec leur accord. Soit les assurés expriment eux-mêmes qu’ils ont renoncé à se soigner, soit on le perçoit quand, par exemple, ils ont du mal à lire malgré le port de lunettes, ou qu’ils masquent leur mauvaise dentition en plaçant la main devant leur bouche.

La plateforme est composée de 4 référents solidarité qui réalisent un travail d’accompagnement, c’est notre second axe. Ils dressent un bilan des droits des assurés détectés, évaluent avec eux s’ils disposent d’une complémentaire bien adaptée à leurs besoins, le cas échéant, ils leur proposent une protection plus conforme à leur situation, ils leur exposent l’offre médicale à proximité de chez eux, tout en souhaitant qu’ils restent actifs dans leurs démarches.

Cathia Cursente : Cette plateforme sert à proposer un accompagnement personnalisé aux assurés qui ont des difficultés à accéder aux soins. Nous utilisons 3 niveaux d’accompagnement : faire en sorte que les personnes bénéficient des droits auxquels elles peuvent prétendre ; les aider dans le choix d’une complémentaire (on peut les suivre dans leurs démarches ou leur expliquer comment lire un contrat), et les guider dans le parcours de soins à l’aide de l’annuaire santé d’Assurance maladie. Nous proposons aussi un accompagnement financier en mobilisant les aides de la caisse. Dans le cadre de ce dispositif, la détection des personnes en situation de renoncement est réalisée par des professionnels (internes et externes dont la FNATH) préalablement formés par la caisse.

De quand date ce dispositif ?

Cathia Cursente : Nous avons commencé le 2 mai 2016. Une étude réalisée par notre CPAM, donnait un résultat légèrement plus bas que la moyenne publiée par l’Odenore : chez nous, un peu moins d’un quart des personnes sondées, a déclaré avoir renoncé aux soins, soit 24,4 %.

Valérie Rivet : Notre démarrage s’est effectué à la même date. Notre étude, dans le Val d’Oise, montrait que 25 % des assurés déclaraient renoncer aux soins, soit 750 personnes sur les 3 045 personnes interrogées en mai 2016. Un an plus tard, nous avons détecté 421 personnes. 171 ont bénéficié d’un accompagnement durant 64 jours qui a abouti : ils ont réalisé les soins auxquels ils avaient renoncé. 138 dossiers sont en cours actuellement.

Cathia Cursente : sur les 1300 accompagnements réalisés en un an, un tiers a abouti. Un tiers a été interrompu, mais des démarches ont néanmoins été accomplies et l’assuré est reparti en connaissant ses droits et en reprenant sa santé en main. Le dernier tiers n’est pas allé jusqu’au bout, trop préoccupé par d’autres problématiques comme, par exemple, le logement.

Quelles sont les causes du non-recours aux soins ?

Valérie Rivet : Les personnes que nous accompagnons ont eu un parcours de vie émaillé de ruptures (séparation, perte d’emploi, maladie…). Devant l’ampleur des difficultés, elles ont tendance à faire passer leurs problèmes de santé au dernier plan, elles renoncent à se soigner, sont découragées par les démarches que cela implique et sont confrontées à une aggravation de leur santé. Beaucoup connaissent pourtant leurs droits et n’osent pas réclamer dans l’espoir « que cela ira mieux demain », d’autres les ignorent.

Cathia Cursente : La première raison invoquée est le reste à charge et l’avance des frais. Les difficultés liées aux délais importants de prise de rendez-vous chez un professionnel de santé, la complexité des démarches et de l’offre en termes de complémentaire, mais encore la peur des soins et du diagnostic influent aussi sur le non-recours.

Comment réagissent les assurés ?

Valérie Rivet : Les personnes qui ont repris leurs soins expriment de la reconnaissance vis-à-vis de notre service. Elles disent qu’elles ont retrouvé l’envie de reprendre un chemin de vie. Je pense à cet assuré, cardiaque, replié sur lui-même, qui s’est remis à marcher tous les matins et à retrouvé la force de travailler et à cette femme de « bonne famille » dont la fille était gravement malade, délaissée par son mari, et qui s’est retrouvée à la rue puis en foyer. Elle ignorait qu’elle pouvait bénéficier de la CMU-C et qu’elle n’avait plus besoin de faire l’avance des frais pour sa fille. Les gens pensent que c’est grâce à nous mais c’est grâce à eux !

Qu’est-ce qui vous a attirées dans ce projet ?

Valérie Rivet :

C’est très valorisant pour nous. Et c’est une posture nouvelle pour l’Assurance maladie qui va au devant des assurés. On les aide à se soigner, on prévient l’aggravation de leur santé, la prévention est notre vocation, et du même coup, on évite des surcoûts à notre système de santé. On a collectivement tendance à pointer ceux qui fraudent et oublier ceux qui renoncent à leurs droits. Ce projet, qui est un nouveau service et permet de développer de nouveaux métiers, va se généraliser petit à petit. Je pense qu’il est appelé à durer. Il faut aussi élargir le nombre et la qualité de nos détecteurs.

Cathia Cursente : Personnellement, je suis très attachée à la mission de service public. Il est important, à mes yeux, de se recentrer sur le fait de favoriser l’accès aux soins et droits des assurés. La PFIDASS permet un accompagnement adapté dans une relation de confiance. C’est très positif pour la santé des assurés et la santé de notre système de soins. Elle répond à un besoin, et, bien sûr, je souhaite qu’elle se maintienne.

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