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Violences au travail : une enquête inédite

Mise en ligne 02/12/2019 Actualités Santé Santé et travail

Une femme sur cinq et plus d’un homme sur sept se disent victimes de violences au travail, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). 

1 femme sur 5 et plus d’1 homme sur 7
20,1 % des femmes et 15,5 % des hommes interrogés déclarent au moins un fait de violence au travail au cours des 12 derniers mois. C’est ce qu’annonce un collectif d’auteurs sous la houlette de l’Institut national d’études démographiques (Ined) dans un ouvrage à paraître au printemps 2020 sur les violences et rapports de genre (Virage). Ce document rassemble de nombreuses analyses des données d’une enquête réalisée en 2015 auprès d’un vaste échantillon.

Victimes de violences au travail
Un chapitre traite notamment des violences dans la sphère professionnelle. L’enquête Virage a été réalisée auprès de plus de 27 000 femmes et hommes résidant en ménage ordinaire sur le territoire métropolitain.

Institut national d’études démographiques (Ined)
« Les difficultés dans les relations au travail, les violences et les discriminations subies au travail restent socialement méconnues, malgré les recherches qui se développent », notent les auteurs qui font état de pressions psychologiques (violences les plus fréquemment déclarées) et d’agressions physiques (les moins fréquentes).  Les femmes déclarent plus de faits, sauf lorsqu’il s’agit d’ «atteintes à l’activité professionnelles ». Dans la plupart des cas, les faits incriminés se répètent, ou les victimes sont amenées à dénoncer plusieurs faits. « En combinant le nombre de faits et la fréquence, près de 8 personnes sur 10 parmi celles déclarant au moins un fait de violence, se disent victimes de violences multiples et/ou plurielles ».

Enquête inédite
L’enquête permet aussi de se faire une idée des agresseurs ou agresseures possibles : supérieurs hiérarchiques, collègues, acteurs externes à l’entreprise (fournisseurs, usagers, clientèle ...). Les hommes victimes désignent plus souvent d’autres hommes. Les femmes désignent des collègues féminines, des acteurs externes des deux sexes et des supérieurs hiérarchiques aussi bien hommes que femmes. « Concernant les violences sexuelles et sexistes, dont sont majoritairement victimes les femmes, elles sont le fait d’hommes de tous statuts ».

Répercussions
Les suites ne sont pas plus optimistes puisque cet ouvrage collectif constate que près de trois personnes sur dix « subissent des répercussions professionnelles graves ». Et dans 6,5 % des cas, seulement, elles obtiennent réparation.

Ouvrage collectif à paraître au printemps 2020
Violences et rapports de genre : enquête sur les violences de genre en France. Sous la direction de Elizabeth Brown, Alice Debauche, Christelle Hamel et Magali Mazuy. Collection Grandes Enquêtes Éditions de l’Ined A paraître au printemps 2020.

Pluton
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