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« La vie est dans le pré » sur France 3

Paul François, handicapé par un herbicide, le lasso, et qui a gagné contre Bayer/Monsanto, fait l’objet d’un documentaire sur sa conversion au bio : France 3, ce jeudi 27 février 2020, 22h30.

Paul François
C’est le pot de terre contre le pot de fer. David contre Goliath. Les références ne manquent pas pour tenter de qualifier le combat de Paul François, exploitant agricole, contre la multinationale Monsanto (désormais rachetée par Bayer). Depuis son accident avec l’herbicide Lasso de cette firme, qui l’a gravement handicapé il y a 16 ans, le céréalier charentais n’a eu de cesse de faire condamner le géant des pesticides. Il a eu gain de cause devant la cour d’appel de Lyon, en avril 2019. Même si l’industriel ne s’avoue toujours pas vaincu et s’est pourvu en cassation.

France 3
L’histoire ne s’arrête pas là et l’on suit Paul François dans ce documentaire au nom bucolique . Un clin d’œil à la téléréalité, programmé le jeudi 27 février 2020 à 22h30 sur France 3, signé Eric Guéret.

« La vie est dans le pré »
La réalité est tout autre. C’est un Paul François combattif, mais atteint qui apparaît. L’on rentre dans l’intimité de cet agriculteur qui se bat au jour le jour contre la maladie et la lassitude. Ses deux filles témoignent. Il revient sur le décès de Sylvie, son épouse, infirmière, à l’automne 2018. Victime d’un anévrisme. La famille ne peut s’empêcher de relier sa mort à la pression subie depuis toutes ses années. Et il reçoit Nicolas Hulot aux lendemains de sa démission tonitruante sur .

Conversion au bio
Le documentaire présente aussi le nouveau combat de Paul François pour transformer ses 240 hectares jusqu’ici cultivés de façon conventionnelle en agriculture biologique. Après toutes ces années où l’agriculteur s’est appuyé sur les produits phytosanitaires, au point d’en dépendre absolument, au point d’en être malade malheureusement. Contre vents et marée, il décide d’opérer une transformation radicale quitte à se fâcher avec son voisinage. « J’ai voulu démontrer que c’était possible », témoigne-t-il, regrettant son isolement dans son département où, souligne-t-il, ils ne sont pas nombreux à s’être lancés ainsi dans le biologique. Et le défi est de taille. Ainsi filmé, il démontre que c’est possible, non sans mal. Mais il ne s’agit pas pour lui de stigmatiser les agriculteurs.

Agriculteur handicapé
La caméra d’Eric Guéret souligne un combat quasi héroïque, presque solitaire, contre un géant, contre les éléments. D’un homme qui ne lâche rien, mais a conscience du prix qu’il a dû payer pour ses combats. Il lâche, terrible, digne : « je ne le referai pas… » Aujourd’hui, il est dans une sale affaire dans laquelle il admet son imprudence, mais défend son honneur.

Monsanto
Il concède que sa femme n’était pas favorable à ce combat contre la firme internationale implacable. Elle craignait de le voir brisé. C’est donc un homme ému, fatigué, certes, mais toujours combatif qui apparaît sur les écrans et souligne que ses guerres en valent la peine quitte à ce qu’elles bénéficient à d’autres. Quand ces autres lui en sauront gré, rendront-ils à celui qui a tout risqué, ce qui lui appartient ?

 le jeudi 27 février 2020 à 22h30


© Pluton 2020

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Mise en ligne 21/02/2023

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