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Près de 3 000 militaires blessés psychiques depuis 2010

Mise en ligne 16/07/2021 Santé Santé et travail

Entre 2010 et 2019, 2.800 militaires français souffrant de blessures psychiques ont été recensés.

Ce chiffre est cinq fois plus important que le nombre de blessés physiques.

Sur la même période, en effet, 589 militaires, ont été blessés physiquement soit par arme à feu soit à cause d’engins explosifs.

Dans la seule armée de Terre, 70% du millier de blessés en congé de maladie longue durée souffrent de stress post-traumatique (SPT). 

Le stress post-traumatique, un mal insidieux…

Aux racines de ce mal insidieux qu’est le stress post traumatique et qui provoque crises d'angoisse, colère, hypervigilance, insomnies, dépression et somatisation, il y a une confrontation brutale avec la mort. Ce choc produit une effraction dans le cerveau et cause des lésions cérébrales empêchant le cortex et l'amygdale de communiquer, explique le colonel Antoine Brûlé, commandant de la Cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre (Cabat). 

…. Et une bombe à retardement - 

La plupart du temps, la décompensation met plusieurs semaines, voire plusieurs mois à intervenir. Ou "après une succession d'opérations, comme des cordes de raquette de tennis qui s'effilochent au fil du temps et finissent par casser", souligne le colonel Brûlé. 

Une prise en charge qui a mis du temps

C'est avec la Grande Guerre (1914-1918) et son déluge d'obus que les armées modernes sont confrontées pour la première fois au problème des "pertes psychiques": des soldats physiquement indemnes mais hors d'état de combattre, qui laissent les scientifiques perplexes. 

Dans les armées françaises, la blessure psychique est officiellement reconnue en 1992. Mais c'est l'Afghanistan qui marque un vrai tournant. Après une longue période d'opérations de maintien de la paix, les troupes y redécouvrent la violence des combats et les traumatismes associés. 

Il faut attendre la fin des années 2000, pour que l'armée française commence à développer un suivi psychologique au départ et au retour du conflit afghan. Le sas de retour de mission est alors mis en place. 

Une meilleure prise en charge

En quête d'une meilleure prise en charge de ces blessures invisibles, les armées françaises, sous l’impulsion de la ministre des Armées Florence Parly, vont mettre en place une nouvelle approche : .

L’objectif des maisons ATHOS, qui sont cogérées par leurs membres, est d’aider les militaires souffrant de blessures psychiques à se reconstruire durablement et redevenir autonomes, avec l’aide d’accompagnateurs.

Une phase expérimentale sera menée jusqu’à 2022 sur deux sites, à Cambes et Toulouse (sud-ouest). Un des principes fondamentaux est le volontariat : pas de modalisation précise, pas de temps particulier de traitement, et une grande flexibilité en fonction des blessés, qui bénéficieront chacun d’un projet personnalisé.

Déjà appliquée avec succès au Canada, en Israël et aux Etats-Unis: le principe est d'offrir une structure "psycho-sociale" aux blessés pour leur réapprendre, pas à pas, à gérer ensemble le quotidien et se projeter de nouveau dans l'avenir. 

Un parcours du combattant administratif pour faire valoir leurs droits

Mais si des efforts de détection et de soins ont été mis en place, les victimes de SPT doivent encore franchir un parcours du combattant administratif pour faire valoir leurs droits: assurances tatillonnes, taux d'invalidité souvent perçu comme injuste... Une montagne de difficultés. 

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